Des vacances qui promettent...

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 Des vacances qui promettent...

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Rachel Barclay
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MessageSujet: Des vacances qui promettent...   Sam 30 Aoû - 22:30

• Date du RP: 17 janvier 2189
• Lieu du RP: Aïté
• Type de RP: Ouvert à tous! (si vous comptez rejoindre, prévenez-moi) COME AT ME MJs!
• Nombres de personnes requises: Aucune limite!

Aïté. Pourquoi cet endroit et non pas Virmire? Après tout il devait avoir une bonne centaine de planètes toutes aussi belles et paradisiaques les unes que les autres. En vérité cela concernait pas mal de choses. Premièrement le prix du voyage. Bien que l'Alliance lui avait autorisée des vacances en raison de la mort de son père, elle devait financer elle-même ce voyage le temps que l'assurance-vie face son travail. Deuxièmement le climat. Elle éprouvait une réelle passion pour les balades en forêt et il faut dire qu'Aïté était un parfait équilibre entre température et humidité, ni trop, ni pas assez. De plus, la flore était à son "goût", pas hostile dans l'ensemble elle pouvait se permettre d'explorer la planète sans danger, les autochtones étaient diversifiés et vivaient en paix.

Rachel sorti enfin du spatioport. Vêtue d'un débardeur bleu, d'un treillis marron et d'une paire de bottes, elle remit en place son gros sac sur son dos. Elle avait plus l'air d'une touriste que d'une militaire. En fin de compte elle était en vacances. Après 15 bonnes minutes d'attente, un vieux Rampant fit son entrée en se garant à côté d'elle. "Dekaerak Transporter" tel était le nom de la compagnie de transport qui était inscrit sur cette vulgaire épave. Sur le coup Rachel voulait faire demi-tour pour rentrer à Terra Nova mais après-tout cela n'était qu'un transporteur. Tant qu'il l'amenait d'un point A au point B c'était ce qui comptait. La porte arrière s'ouvrit laissant place à un homme appartenant à une race que Rachel aimait particulièrement... Un butarien. L'observant de haut de ses 4 yeux clignant en même temps, il se contenta de lui dire de monter sans aucun manque de tact. Comme si il lui en voulait déjà.

Elle s'exécuta en gardant le silence, trois bonnes heures de route d'après le programme lui auraient permit de dormir un peu, mais avec des butariens à bord, on est jamais trop prudent. Rachel s'installa à bord du Rampant au fond de ce dernier afin de se tenir le plus loin possible du duo aux commandes de l'appareil. Le conducteur déjà installé lui aussi butarien s’efforça de lui souhaiter la bienvenue.

-Bienvenue chez Dekaerak Transporter. sur un ton monocorde et sans enthousiasme.

Rachel ne réagit même pas face au conducteur l'ayant parlé sans se retourner, de quoi entretenir la tension qui régnait maintenant dans le Rampant. Ce dernier démarra lentement avant de quitter la capitale en direction de la forêt loin des habitants de la colonie. Plus le temps passait, plus Rachel regrettait d'avoir acceptée de venir ici.
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Rachel Barclay
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Sam 30 Aoû - 22:33

Rachel était pensive, tranquillement attachée sur son siège, elle tentait d'oublier les secousses de ce qu'elle qualifiait de "tas de boue", lui faisant regretter d'avoir fait appel à cette société de transport low cost. Les escapades en véhicule terrestre ne la déstabilisait pas du tout loin de là. Elle avait l'habitude en effet de rouler en Mako ou encore en M-080. Mais la différence entre les véhicules de l'Alliance et le Rampant dans lequel elle s'y retrouvait était évidemment la qualité de fabrication. Rachel avait une légère nausée qu'elle tentait de camoufler en réfléchissant longuement sur sa destination. Le véhicule roulait depuis plusieurs heures maintenant, s'enfonçant de plus en plus vers les profondeurs d'une des nombreuses forêts vastes de la planète. Observant son sac auquel était attaché une tente enroulée ainsi que son arc, elle fut distraite par les deux butariens qui communiquaient ensembles de manière discrète mais suffisamment fort pour que son traducteur puisse traduire une partie de leur conversation.

-Alors on la tue et on choure son matos? Elle est pas armée hein?
-T'inquiète pas c'est pas avec son bâton avec une corde qu'elle va nous faire mal. Attends qu'on soit dehors, j'aimerai pas que son cadavre empeste le Rampant.
-Tu feras diversion quand on arrivera alors.
-D'accord. Laisse-moi me concentrer maintenant c'est bourré de falaises ici, j'aimerai pas qu'on se retrouve en bas ou que l'on tombe dans l'eau.

C'était mauvais, très mauvais. Le cœur de Rachel battit la chamade l'obligeant à prendre les devants. Si elle souhaitait rester en vie, elle se devait de les tuer avant. C'est ainsi qu'elle se pencha délicatement en détachant les sangles qui la fixaient au siège. Le Rampant faisait un boucan pas croyable mais elle se devait d'être prudente. Elle ouvrit son sac avant de prendre son M-3 Prédateur caché dans le fond. Elle se leva en armant l'arme avant de viser d'une main le passager situé au bout.

[Lancer de dés]
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Sam 30 Aoû - 22:33

Le membre 'Rachel Barclay' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Hasard' :
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Rachel Barclay
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Dim 31 Aoû - 15:24

Afin de ne pas chuter à cause des secousses, Rachel s'accrocha à la paroi en progressant lentement. Le passager eut le temps de se retourner constatant ainsi que leur "cliente" était armée prête à faire feu. La militaire tira à quatre reprises sur les deux butariens répandant littéralement leur chair sur le pare-brise du véhicule. Cependant il restait une équation non résolue en jeu. Qui était aux commandes? La brune couru vers le poste de pilotage dans l'espérance d'arrêter le Rampant qui filait tout droit vers le vide. Mais trop tard, ce dernier termina sa course au delà du bord de la falaise, expulsant Rachel vers le plafond. Le véhicule heurta à plusieurs reprises les rochers en dessous se retournant sans arrêt. La militaire avait l'impression d'être un linge dans le tambour d'une machine à laver qu'était le Rampant. Prise dans la chute et l'énergie centrifuge qu'emmagasinait le véhicule, elle était prisonnière, se cognant contre les parois la faisant hurler de douleur à chaque impact. En une poignée de secondes elle généra une barrière afin de limiter les dégâts. Un dernier choc qui fut le plus violent de tous signifiait clairement que le véhicule avait terminé sa course vers le bas. Complètement sonnée, Rachel reprit connaissance avec un mal de crane insupportable même ce n'était rien comparé aux autres douleurs qui régnaient sur le reste de son corps. Elle n'était pas médecin, mais ses connaissances étaient suffisantes pour remarquer plusieurs choses anormales.

Premièrement son mal de crâne et sa perte de connaissance signifiait clairement qu'elle avait un traumatisme crânien, ce qui correspondait parfaitement avec les chocs reçus lors de la chute. Elle avait 90% de chance de ne pas avoir de séquelle.

Deuxièmement la douleur insoutenable qu'elle avait à l'épaule droite et son allure étrange indiquait qu'elle se l'était luxée. Beaucoup plus grave car ce dernier était celui qui l'aidait à tirer à l'arc. N'ayant pas le temps de la remettre en place elle devait d'abord sortir d'ici.

Troisièmement les blessures mineures du genre égratignures, écorchures, griffures... Mineures certes, mais elle risquent cependant de s'infecter aggravant son état.

Après ce vif diagnostique, Rachel remarqua que la température ambiante augmentait vivement. Transformant les lieux en un véritable four. C'était évident, le monoxyde de carbone qui l'enfumait signifiait probablement que le véhicule était en feu l'obligeant à réagir vite. La militaire attrapa son sac à l'aide de son bras valide avant de sortir du véhicule en boitant sous la fumée qui remplissait ses poumons. Se retrouvant à l'air libre, Rachel s'éloigna du Rampant en feu avant d'être prise dans le souffle de l'explosion qui la propulsa quelques mètres plus loin retombant sur son bras luxé dans l'herbe. Elle hurla de douleur sur le coup avant de se tordre tel un ver de terre dans l'espérance que ça passerait. Deux bonnes minutes après, Rachel se leva constatant ainsi le paysage. Elle était au milieu de nul part au bord d'une falaise non loin d'une forêt. La nuit tombait, elle devait trouver un abris et vite. L'expérience n'avait durée qu'une poignée de secondes mais son calvaire lui, allait durer plusieurs heures maintenant...

Mais avant ça, elle ne pouvait pas faire grand chose sans se soigner. Premièrement, Rachel attrapa un morceau de bois au sol avant de le placer entre ses dents. Elle attrapa son épaule droite avant d'exercer une forte pression dans le but de la remettre en place. La première fois elle hurla une nouvelle fois, ayant échouée, elle retenta l'opération en y mettant tout ce qu'elle avait en stock. De toutes ses forces, son bras droit se contracta hurlant une nouvelle fois avant de recracher le pauvre morceau de bois où était imprégné la dentition de Rachel, la douleur commençait à s'estomper lentement. Elle avait réussie à remettre son épaule en place. Elle commença à le bouger lentement en faisant de petits cercles oubliant la douleur qui était un sentiment désormais omniprésent. Ceci étant fait, elle ouvrit son sac avant d'appliquer du médi-gel sur ses blessures multiples, désinfectant dans le but d'aggraver son état.

Rachel avança lentement face au Rampant... Enfin ce qui en restait. Il était probablement équipé d'une balise de détresse, si c'était le cas il n'en restait pas grand chose. Son attention se porta face à son arme au sol, hors d'usage elle l'a jeta avant de soupirer. Elle était désarmée, blessée et perdue au milieu de nul part. Pour l'instant elle se devait de survivre. Elle attrapa sa tente enroulée au sol. C'est ainsi qu'elle attrapa ensuite son sac avant d'avancer en direction de l'immense forêt en question. Rachel était fatiguée, elle avait prit de quoi grignoter sur la route mais pas de quoi la rassasier totalement. Premièrement faire du feu, si cela pouvait lui permettre de  se réchauffer c'était un élément désormais en tête de sa liste. Elle fut attirée par un tronc d'arbre mort, elle avait de la chance, cela allait lui permettre de gagner beaucoup de temps. Elle attrapa son couteau de survie dans son sac, avant d'arracher l'écorce de son bras fort afin d'éviter que son bras droit ne souffre d'avantage. Plusieurs minutes après elle avait de quoi tenir toute la nuit. Rachel observa autour d'elle, un endroit protégé de la pluie et des vents était crucial afin d'éviter qu'elle ne gèle sur place. Elle marcha plusieurs minutes dans la forêt à l'aveugle avant de remarquer ce pan de mur rocheux qui semblait parfait pour elle. Elle s'y installa en posant ses rameaux de bois au sol ainsi que son sac. Le bois ne suffisait pas, il fallait des pierres et heureusement il y en avait pas mal. Cinq petites minutes suffirent pour remplir son objectif. Elle commença à installer le tout calmement et en prenant son temps. Mais la pluie commençait à tomber l'obligeant à accélérer le rythme, le froid commençait à la paralyser lentement malgré qu'elle fut à protégée de la pluie. Dernière chose à faire, pour avoir du feu, il faut l'allumer mais heureusement l'héritage des Barclay allait se montrer bénéfique. Elle sortit son zippo en platine avant d'allumer le bois mort l'enflammant en un éclair. Rachel sourit, enfin quelque chose de réconfortant qui allait lui booster le moral!

Elle s'assit aux côtés du feu, son sac non loin à côté de sa tente enroulée, elle était trop fatiguée et pas assez motivée pour s'en occuper maintenant. Elle se recroquevilla sur elle-même en attendant patiemment le lendemain. La nuit allait être longue et elle se devait d'économiser ses forces.



Dernière édition par Rachel Barclay le Mer 31 Déc - 3:00, édité 2 fois
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Rachel Barclay
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Mar 2 Sep - 17:44

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Rachel ouvrit les yeux face aux chants des animaux signifiant que la journée venait de démarrer. N'ayant évidemment pas passée une bonne nuit elle sortir du rouleau de toile qui lui servait de sac de couchage. Étant trop fatiguée, elle n'eut pas le courage de la monter dans la soirée. Elle se leva avec la boule au ventre avant de se rasseoir sous le mal de tête et les vertiges qui lui hantaient. Pas de doute le trauma crânien se manifestait à nouveau. Elle se tint le crâne entre ses deux mains dans l'espérance de le voir passer mais sans succès, elle était comme paralysée, la moindre pensée, la moindre allusion ou le moindre petit effort de la part de son cerveau amplifiait de façon incroyable la douleur, la faisant réagir par le biais de gémissements qui s'échappaient de sa bouche. Il fallut une bonne heure avant que cela ne cesse, Rachel commença enfin sa journée en se relevant doucement. Un léger vertige la troublait avant de s'estomper, elle commença dès lors à établir un programme à haute voix après avoir vérifiée le contenu de son sac et les fonctions de son Omni-Tech qui n'étaient toujours pas rétablies.

- Bon tout d'abord trouver de l'eau et si possible des vivres. Mes réserves sont très minces et mon estomac aussi. Rapporter tout au camp et enfin commencer à monter cette tente, l'humidité et les insectes ne m'ont pas aidés à dormir ne serait-ce que le minimum vital. Ensuite euh... Trouver un point en hauteur afin d'avoir un aperçu sur les environs, cette région n'est même pas cartographiée. Puis revenir au camp saine et sauve avant la tombée de la nuit. Demain j'entamerais mon escapade pour sortir d'ici, je compte pas m'éterniser.

Aussitôt Rachel eut la conversation des deux butariens en tête.

"Laisse-moi me concentrer maintenant c'est bourré de falaises ici, j'aimerai pas qu'on se retrouve en bas ou que l'on tombe dans l'eau."

Voilà de quoi commencer, qui dit eau dit forcement animaux, que ce soit des poissons ou autre cela pourrait l'aider à se nourrir. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps avant de repérer l'endroit où le Rampant s'était crashé, elle attrapa son sac d'un air faiblard avant de se mettre en route. Rachel traversa la forêt en suivant ses propres traces de pas recouverts en parti par la pluie. La gadoue la déstabilisait en s’agrippant à ses bottes l'obligeant à s'accrocher aux buissons ou tout ce qui lui passait sous le bras afin d'éviter de glisser. Sa fatigue couplé à son manque d'inattention provoqua une nouvelle erreur, de vielles branches acérées lui tailladèrent le bras gauche ainsi que le torse. Les blessures étaient profondes mais elle n'avait pas de quoi les soigner. En effet la veille elle avait épuisée son maigre stock de médi-gel lors de l'accident. Elle observa les plaies saigner lentement, signe que les blessures n'étaient pas très profondes. Poursuivant son chemin sans relâche dans cette sombre forêt humide avec pour seul guide les rayons du soleil qui se faufilaient à travers le feuillage, Rachel commençait à sentir une brise de plus en plus forte la réveillant légèrement. N'ayant pas idée depuis combien de temps elle marchait, la fatigue qui se faisait de plus en plus forte était un indicateur montrant que ce moment durait trop longtemps. Le sang coulant sur son bras agissait comme un sablier, montrant que le temps défilait à une vitesse incroyable.

Enfin arrivée à la carcasse du Rampant, ce dernier dégageait une affreuse odeur. Un mélange entre corps brûlés, carburant et pneus fondus. Rachel eut le réflexe de se cacher le visage à l'aide de son avant-bras droit avant de se diriger vers l'épave dans l'espérance de trouver quelque chose d'exploitable. Mais l'odeur emplissait ses poumons et son nez, lui donnant le haut-le-cœur. Elle avait beau balayer du regard tout ce qui était dans le véhicule, rien. A sa grande déception, Rachel s'éloigna en vitesse en boitillant légèrement avant de respirer à pleins poumons tout en toussant. Son regard s'épanouit face à la présence qui lui faisait dos. Un animal assez étrange, l'équivalent d'une vache terrienne autrement dit un festin. Rachel aimait chasser, mais de là à ingurgiter de la viande de cet espèce de vache était impensable. Mais l'instinct et l'estomac de Rachel l'obligeaient à y aller. Alors que Rachel commençait à récupérer son arc accroché à son sac, elle eut une idée.

- Elle va surement chercher un point d'eau. Je vais la suivre avant de me la faire.

Autrement dit, une nouvelle épreuve mettant en jeu sa patience et sa force à rude épreuve s'était créée. Rachel attrapa son avant-dernière barre hypercalorique avant dans une poche de son sac avant de le replacer sur son dos. Elle l'a mangea en un éclair sous la pression de la faim et de la fatigue sans se rendre compte de la vitesse à laquelle elle l'avait terminée. La militaire se sentait mieux, suffisamment forte pour traquer sa proie jusqu'au bout. La vache prenait évidemment son temps, les heures défilèrent pendant que Rachel passait d'abris en abris tout en veillant à ne pas se faire repérer. Le soleil était au plus haut dans le ciel, montrant qu'il devait être dans les alentours de midi.

Enfin arrivée dans une immense plaine, Rachel était aux premières loges pour admirer le spectacle sous ses yeux. Des terres à perte de vue,  plusieurs points d'eau alimentés par des cascades, de quoi se reposer tranquillement. Du moins pour une petite seconde. En effet la vache commença à meugler dans un cri strident à faire froid dans le dos. De nombreux prédateurs la prirent en chasse.

- C'est quoi ça? Bordel ces foutus loups vont dévorer mon déjeuner!

Elle était impuissante. Non armée, blessée et fatiguée Rachel ne prit pas le temps d'utiliser sa dernière carte qu'elle mit de côté. Néanmoins elle préféra ce diriger en direction de la cascade dans le but de se rafraîchir et remplir sa gourde. Plusieurs minutes plus tard elle y était. Rachel s'affala littéralement au sol en plongeant sa gourde dans l'eau de son bras ensanglanté qui fut à nouveau propre. Elle ferma les yeux un instant avant d'être interrompue par un craquement de brindille la réveillant sur le champ. Elle rangea sa gourde délicatement dans son sac après avoir prit une gorgée avant de se retourner tout en se levant.



Son regard méfiant envers le couple de loups ne présageait rien de bon. Elle recula délicatement sur le côté en espérant qu'ils étaient venus boire tout simplement, mais cette croyance forte en une telle utopie était vaine. Ils grognèrent bruyamment la déstabilisant qui semblait presque apeurée. Son stress avait atteint un point de non retour, fatiguée, exaspérée et surtout affamée Rachel tenta le tout pour le tout en concentrant toute son énergie. Elle serra les poings changeant radicalement d'humeur, s'engageant dans le concours de celui qui avait la plus grosse, canalisant ses pouvoirs, elle généra une barrière. Loin d'être forte, cela allait probablement lui suffire à passer à l'étape suivante.

Rachel était fidèle à son surnom. Tel un Mako elle chargea en hurlant de toutes ses maigres forces, les loups firent de même ne la ralentissant même pas dans son avancée. Toute sa frustration, toute la peine et l’exaspérante qu'elle avait accumulée se déchargeait telle une arme. A quelques mètres d'eux, Rachel sauta en l'air avant d'écraser son point dans une flaque d'eau. Une onde de choc bleutée se propulsa aux alentours, projetant ses deux cibles ainsi que les graviers suffisamment loin pour leur passer l'envie de revenir. Mais ils étaient bornés. Et la Nova de Rachel n'était pas assez puissante pour les tuer. Ils se relevèrent lentement laissant Rachel prendre la fuite en boitant de fatigue. Dès lors ils se mirent à sa traque. Rachel était passée au stade de proie, apeurée et épuisée elle glissa à plusieurs reprises dans la terre maladroitement, perdant du terrain à vitesse grand V. Son ultime recours consistait à emprunter un chemin où ils ne pouvaient pas la suivre. Respirant à grande vitesse Rachel avait le vertige, un nouveau signe de son traumatisme. Elle se jeta littéralement à terre à l'entrée de la grotte bouchée en grande partie par des éboulements. Fatigue? Ou précipitation? L'un de ces deux facteurs lui coûta une nouvelle fois une blessure. En effet la militaire atterrit sur pierre coupante lui déchirant vilainement le ventre. Hurlant de douleur elle poursuivit son chemin en rampant dans le mince tunnel avant de se faire attraper le pied par un loup. Sentant les crocs s'enfoncer lentement, la qualité militaire de sa botte lui évita une autre blessure. Elle secoua violemment son pied afin de se défaire des liens de son prédateur après plusieurs tentatives.

Soulagée de voir son ennemi retirer sa gueule du trou, Rachel continua son avancée en rampant sur les pierres coupantes au sol. Tranchants comme du verre pilé, elle hurla de douleur saignant un peu partout sur son corps. Elle attrapa son sac dans ce petit espace afin de progresser en partie dessus.

- La douleur est une putain de bénédiction! Elle te rappelle que t'es toujours en vie flemmarde!

La militaire continua sa progression, quelques mètres plus loin le tunnel s'agrandit lui permettant enfin de marcher. Sale et saignant du ventre, Rachel laissa son sac à terre avant de se relever en plaçant sa main sur sa blessure dans le but de limiter les saignements.



- Une faune et une flore reposante et passive. Attends que je choppe ces connards de l'agence...

Exaspérée, elle attendit quelques minutes avant de sortir. Les loups ayant terminés d'aboyer signifiait clairement qu'ils étaient partis lui laissant le temps de manger sa dernière barre énergétique lentement tout en buvant le contenu de sa gourde. Elle était tranquille ici, mais il fallait qu'elle rentre avant la tombée de la nuit. Sa blessure saignait moins mais elle devait refermer cette énorme plaie. N'ayant pas de médi-gel en stock elle fouilla son sac dans l'espérance d'en trouver. Retournant une énième fois son contenu elle trouva simplement un simple bandage qu'elle enroula autour de son ventre afin d'en faire un pansement de fortune. Elle prit une profonde inspiration avant de se relever et de retourner dehors en évitant les pierres coupantes dans le but de ne pas aggraver son état.

Enfin à l'air libre, Rachel continua sa progression, la barre hypercalorique l'avait aidée à combattre la fatigue. Cependant elle se remémora son parcours colossal, elle n'était clairement pas dans l'état de retourner au camp.

- Je vais rester ici et rentrer dans la grotte à la tombée de la nuit, je suis trop fatiguée pour retourner au camp... Voilà que je parle toute seule maintenant.

Levant la tête en direction des falaises elle constata un scintillement. Son esprit militaire opta pour un tireur embusqué mais ce dernier lui jouait des tours, il s'agissait simplement de son imagination. Elle rebaissa la tête en clignant des yeux avant d'admirer pendant un long moment le paysage qui s'offrait à elle. Évidemment son repos ne fut que de courte durée, de nouveaux grognements lui mirent la puce à l'oreille. Les deux nouveaux loups se précipitèrent à nouveau vers elle sauf que celle-ci elle était rassasiée. Ses nombreuses coupures n'interdisaient pas les capacités biotiques de Rachel à ce manifester. Elle activa sa barrière avant de faire tournoyer des orbes autour d'elle puis enfin les envoyer directement dans la gueule de ses prédateurs. Le premier fut littéralement éjecté de la course, restant au sol inactif. Le deuxième évita la première orbe, Rachel tenta de lui en offrir une dernière avant d'échouer. Le loup lui sauta dessus engageant une lutte contre la militaire qui était à terre sur le dos en tentant de le retenir de toutes ses forces.


Dernière édition par Rachel Barclay le Mer 3 Sep - 20:41, édité 1 fois
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Laurine Sheeran
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Mar 2 Sep - 19:02

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Le vrombissement si particulier des moteurs d’une frégate avait quelque chose de… Réconfortant. Comme si rien n’avait vraiment changé, que j’étais toujours en train d’effectuer des missions qui sauveraient des vies humaines. Comme si j’étais encore dans l’Alliance. Je me détourne de la baie vitrée donnant sur la planète Aïté, et reprend mon paquetage, un sac si énorme qu’il a l’air de faire ma taille. Tony est à mes côtés, le même sac sur ses larges épaules. Le Capitaine a finit de nous briefer depuis un moment, et il est remonté superviser les dernières procédures pour nous faire atterrir à la surface, pour une simple mission de routine. De routine. Comme s’il y avait de la routine dans ce qu’on fait. Mais pour le coup, la mission a en apparence l’air simple : espionner un type, surveiller ses faits et gestes. Rester sur ses gardes, rester loin de lui. Voilà tout. Une mission censée durer quelques jours, voire quelques semaines si on repère quelque chose d’intéressant sur son compte. Au moins, ça me fera passer un peu de temps en dehors du vaisseau, et j’en ai sacrément besoin. Reposant mon sac à terre, je finis par m’asseoir dessus en attendant d’atterrir.


« Stressée ? me demande Tony. »


Je lui décoche un regard perçant, et il rit doucement. « Moi aussi » dit-il, du haut de ses presque deux mètres. Un grondement nous informe que le Disbelief vient de toucher terre, et il ne faut donc pas perdre de temps pour qu’ils puissent repartir dans la sécurité toute relative de l’espace des systèmes Terminus. Un homme vient donner l’accolade à mon partenaire noir, et l’instant d’après, Tony a fait disparaître de son visage toute trace d’émotion. Comme moi, il est concentré, et on court le long de la rampe pour descendre. Dès que nous sommes un peu éloignés, le vaisseau claque et s’ébranle pour repartir. Comme au bon vieux temps, Tony et moi nous retrouvons perdus sur une planète isolée pour faire ce qu’on fait de mieux : de la reconnaissance.

Aïté est ce genre de planète qui ressemble à la Terre, que ce soit au niveau du temps, de la végétation, ou de l’air qui nous entoure. Et de manière à ne pas trop attirer l’attention sur nous dans le cas où on devrait infiltrer la ville, nous ne portons pas d’armure. Alors, ce serait presque comme si on était en simple visite… Sauf que nous sommes en treillis, et qu’on ne fait pas le profil type d’un couple en vacances.

Avant que des locaux ne puissent venir voir ce qui s’est posé dans leur pays, nous avons déjà filés, et atteint la sécurité toute relative d’une forêt avoisinante. Je pose mon sac, ramenant mes cheveux récalcitrants dans leur chignon. Tony surveille un instant les environs en pointant son fusil d’assaut, avant de revenir, un mince sourire aux lèvres. Tout va bien, pour l’instant. Je sors de mon sac trois petits pots et un grand filet aux noeuds entrelacés. Tony fait de même, on ne parle pas. On sait ce qu’on a à faire. Je ramasse donc un grand nombre de feuilles et commence à les entortiller à l’intérieur. Nous ne parlons plus pendant la demi-heure qui suit, trop occupés à parfaire notre camouflage. Je pousse jusqu’à me barbouiller le visage de cette peinture militaire, barbouillant toute ma peau visible avec, et dissimulant mes cheveux dans une capuche que je remonte sur le haut de mon front.

Puis, un craquement me fait relever la tête. Tony l’a entendu aussi, et je m’allonge dans la végétation, imitée par mon observateur. Nous n’osons plus faire le moindre bruit. Des bruits de pas, d’abord, se font entendre. Puis, des silhouettes finissent par apparaître dans mon champs de vision. Je fronce les sourcils en reconnaissant un Butarien. Ils commencent à grogner, parlant si bas que je n’entends rien. Mon doigt vient effleurer la sécurité de mon fusil pour la déverrouiller, avant de se replacer sur le pontet. Prête à tirer. Mais ce n’est pas moi qui ouvre le feu en première, ce sont eux : et malgré le feu nourri, ni moi ni Tony ne bougeons d’un pouce. Ils tirent aléatoirement, sans savoir. L’un d’entre tombe devant nous, puis un autre touche quelque chose de métallique dans notre équipement. J’entends des grognements épuisés, puis deux tirs. L’un vient de moi, et l’autre, de Tony. Les Butariens s’écroulent dans la végétation sans plus de cérémonie. Nous attendons encore un peu, histoire d’être sûrs qu’ils n’étaient pas accompagnés, puis je me relève pour aller inspecter les corps.



« C’était des types travaillant pour celui qu’on doit surveiller, dis-je en reconnaissant son insigne. »

« Ouais, et devine quoi : notre cible travaille pour un genre de compagnie touristique low cost. Il va quitter demain le spatioport pour emmener les clients là où ces deux là devaient le rencontrer. »


J’acquiesce sans mot dire. J’observe Tony, l’air de demander qu’est-ce qui est foutu dans notre équipement, et il me montre notre radio. Jurant à voix basse, je regarde la carte. D’après ces deux cadavres, les Butariens avaient rendez-vous avec leur patron un peu plus loin. Bon. C’est pas trop mal pour commencer. Après une brève discussion avec Tony, nous estimons un point correct pour observer une partie du trajet qu’ils emprunteront demain, tout en nous permettant d’observer correctement la situation. Nous prenons le reste de la journée pour nous mettre en place. L’endroit surplombe la route passant près des falaises, celle qu’ils emprunteront logiquement demain. Et puis, on attend. La nuit passe, et on dort à tour de rôle. Sans radio, impossible de contacter la frégate, qui viendra nous chercher comme prévu dans quelques jours à un point indiqué.

Le lendemain, je suis de nouveau tout à fait réveillée. Regardant par ma lunette, j’attends patiemment le moment où un véhicule daignera apparaître. Ce qui n’arrive que vers la mi-journée, un Rampant cahotant sur la route finissant par pointer le bout de son nez. Poussant un soupir de soulagement, j’observe le véhicule avancer, avancer… Puis se jeter dans le vide. Je m’immobilise. Tétanisée. Qu’est-ce que..? On peut entendre le bruit de l’explosion de là où on se trouve, et c’est pourtant assez loin. Après un bref coup d’oeil à Tony, nous décidons de ne pas bouger dans l’immédiat. Le mieux, c’est d’attendre et voir ce qu’il va se passer. Mais rien n’arrive. A la tombée de la nuit, personne n’est venu inspecter les dégâts, et aucun autre véhicule n’est passé par là.

D’un commun accord, nous entamons la descente périlleuse de la falaise durant la nuit, ce qui nous oblige à prendre bien plus de temps que prévu, et au petit matin, nous en sommes à peine à voir depuis la falaise les débris du Rampant en contrebas. Tony siffle, commentant la sacrée chute, et nous sortons tous deux nos lunettes pour inspecter les dégâts. D’après l’odeur, et la violence du choc, il paraît douteux que quoi que ce soit ait survécu à ça. Je m’apprête à abandonner, et à aller au point de rendez vous avec le Disbelief pour qu’on se la coule douce les prochains jours en l’attendant, quand je remarque des traces au sol. Ce n’est pas précis, et ça n’est certainement pas idéal, mais… J’ai la conviction que quelqu’un, là-dedans, s’en est tiré. Quelqu’un qui pourra nous expliquer ce qu’il s’est passé. Peut-être même que c’est notre cible qui s’en est réchappée. L’avantage d’être en hauteur, c’est de pouvoir observer de façon absolue. Presque rien ne peut nous échapper, et nous passons le plus clair de l’après-midi à chercher dans les alentours des signes de vie.

Enfin, autre que ces loups, qui semblent avoir trouver des proies. Et puis, je les entendis. Des cris de douleur. Et puis je la vie. En dessous de nous. Une forme qui couru se réfugier dans une grotte, pourchassée par des loups. Je m’allongeais au bord de la falaise, Tony prenant place à mes côtés, son instrument d’observation pointé sur le refuge de la survivante.


« Elle est loin du site du crash, commenta Tony. »

« Oui. Et pour être encore en état, elle doit être une militaire. Une civile serait déjà bouffée. »

« Elle est là, tu l’as ? »

« Je pointe. »


C’était une humaine. Une humaine mal en point, mais une humaine. Et si elle était bien militaire… Alors c’était hors de question de l’aider. Si elle nous dénonçait… Merde. Je voulais pas y penser. Je faillis dire de plier bagage, mais quelque chose d’autre attira l’attention de mon observateur.


« Loups. Elle va se faire avoir. On l’aide ? »

« Tony, c’est une humaine. »

« Et ? »

« Et si elle est de l’Alliance, alors… »

« Alors quoi ? Tu vas la laisser crever ? »


Les loups se rapprochaient, maintenant. Et l’humaine les avait entendu. Tony continuait à parler. Je ne l’écoutais plus. Mon oeil était rivé sur ma lunette, regardant un loup se faire éjecter du circuit, puis le second évita l’attaque de l’humaine, et se jeta sur elle. Pendant de longues secondes, je ne pouvais détacher mon regard de ce qui était en train de se passer. Puis, sans réfléchir, je déverrouillais la sécurité. Tony avait surpris mon geste, et me donna aussitôt des indications. Le tir partit aussitôt les ajustements effectués. Une gerbe de sang fusa dans les airs, et ma respiration se précipita, l’écho de mon tir finissant de se propager dans la falaise en contrebas. Etait-elle touchée ? On allait le savoir plutôt rapidement.

Resserrant ma couverture de camouflage autour de moi, je passais mon fusil dans mon dos, bien calé contre mon sac, et je fis tomber une corde en bas, pour descendre rapidement en rappel. Mes bottes crissaient contre la roche, et je finis par rapidement arriver au sol. Le visage encore barbouillé de peinture, au moins, j’étais impossible à reconnaître. Sans attendre Tony, je me précipitais vers la forme du loup. Ce bref instant où il avait failli tuer une autre militaire de l’Alliance… En dépit de tout… Je n’avais pas pu laisser cela arriver. Je m’étais cru au-dessus de cela, mais non. J’arrivais finalement sur le loup, que je saisis par le poil pour le dégager, et essayer de voir si l’humaine n’était pas ou déjà morte, ou se vidant de son sang, ou étouffée sous le pelage de la créature…
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Rachel Barclay
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Mer 3 Sep - 18:50

Rachel se débâta avec le loup, un coup à gauche, un à droite, sa force était tellement grande qu'elle fut contrainte d'utiliser ses deux mains pour ne pas le laisser planter ses crocs dans son visage recouvert de terre et de sang. Il faut dire que durant sa chute, elle eut la mal chance d'heurter à nouveau un obstacle comme étant une simple pierre. La militaire ne prêta pas attention aux filets de bave qui tombaient sur son visage, elle commençait à avoir des crampes et il faut dire que son état se dégradait à vue d'oeil.

Alors que sa vue commençait à se brouiller et ses bras se ramollir, une détonation résonna à travers toute la plaine. Elle n'eut l'occasion de remarquer le projectile parcourir une distance affolante traversant les plateaux tel une étoile filante. La tête du prédateur explosa littéralement, projetant une marée de sang couplé à des morceaux de cerveau sur une bonne dizaine de mètres n'épargnant pas non plus Rachel. Le cadavre retomba sur elle laissant son pelage réconforter la lieutenante qui venait de repousser une nouvelle fois ses limites. Rachel était comme à demi-consciente, trop fatiguée pour réagir, elle préféra laisser le cadavre la réchauffer, son doux pelage inanimé reposant sur sa peau écorchée, sale et pleine de sang.

Son attention portait sur les bruits de pas qui s'approchaient lentement. Trop occupée à se remettre de ses émotions et à se vider de son sang, elle sentait que la fin était proche. Plus aucune pensée, plus aucune réaction, son esprit était comme endormi. Cependant un détail l'a fit réagir, alors que le bruit des pas sonnait creux dans sa tête, elle se réveilla.

*Des pas synchro et cadencés. C'est des militaires?*

Quoi qu'il en soit il était trop tard, Rachel retint sa respiration afin de faire la morte tout en gardant un oeil très légèrement entrouvert. Quand une femme blonde releva le cadavre du loup, elle ne prit pas le temps d'entendre leur réaction ni même de les observer correctement. Elle ouvrit les yeux subitement profitant ainsi de leur garde baissée afin de se lever tout en générant une barrière. Ses forces étaient inexistantes pour tenir. Elle était à moitié cambrée et son bras ne put s'empêcher d'appuyer la blessure de son ventre. La seule chose qui était encore en état de marche c'était sa détermination. Elle parla d'une voix faiblissant au fur et à mesure qu'elle articulait et ce en regardant les deux interlocuteurs de son oeil à moitié renfermé pendant que l'autre trouvait refuge derrière la paupière ensanglantée.

- Ne vous approchez pas de moi... Vous êtes venus pour venger vos deux copains butariens tous deux morts comme des fiottes? Je suis toujours en mesure de...

Puis elle remarqua qu'ils étaient humains, masqués d'un camouflage sophistiqué et équipés comme des militaires.

- Mais vous êtes des... Et merde.

Elle n'eut pas le luxe de terminer ses paroles, un terrible vertige la déstabilisa, brisant ainsi sa posture déjà affaiblie. Ses yeux se tournèrent vers le ciel avant de se refermer laissant le corps de Rachel s'affaler sur le sol totalement inconsciente.
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Laurine Sheeran
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Mer 3 Sep - 22:55

Bordel de Dieu. L’humaine s’était relevée si vite que j’en avais été déstabilisée au point de marquer un pas en retraite, ma main se posant instinctivement sur mon arme de poing, tandis que Tony, lui, l’avait déjà mis en joue en la voyant créer une barrière. La pauvre délirait complètement. A moins qu’elle ne distingue pas grand chose à travers ses paupières couvertes de sang, et nos combinaisons ne devaient pas arranger les choses. Je ne levais pas mon arme sur elle, et indiquais même à Tony de baisser la sienne. Elle n’essayait pas de nous tuer, pour le moment. Je ne pouvais pas essayer de deviner ce qu’elle devait penser en cet instant, tant ses yeux étaient fermés. Sa posture, par contre, en disait long sur sa détermination. Mais pour autant qu’elle le soit, la fatigue cumulée à ses blessures eurent raison d’elle, et elle s’effondra devant moi en tournant de l’oeil.

Faisant un signe à Tony, je m’agenouille précipitamment à côté d’elle pour prendre son pouls. Je lève un regard sur Tony, et celui-ci fronce les sourcils. Elle va y passer. Ses multiples blessures, au ventre, aux bras, au visage, aux jambes —en fait, il sera plus aisé de noter les endroits où elle n’est pas blessée— font que c’est un genre de miracle qu’elle soit encore capable de se relever comme elle l’a fait. Tony pose son sac à terre, et me tends une petite poche. Son kit médical. Peut-être pense-t-il que je ne suis pas prête à donner le mien, ou peut-être pense-t-il qu’on aura besoin des deux pour la sauver. Ça ne fait rien dans l’immédiat. Pendant qu’il se positionne derrière elle pour l’immobiliser si jamais elle venait à se réveiller, j’ouvre la trousse en sortant les instruments avec précision, sans hésiter. Je ne suis pas infirmière, mais j’ai suivi une formation de premiers secours. En espérant que ça soit suffisant…

Sa blessure la plus grave semble être celle de son ventre, et je retire avec précaution son bandage de fortune. Me mordillant intérieurement la bouche, je fronce les sourcils. Elle a perdu beaucoup de sang. Je prends donc un peu de désinfectant, que j’imbibe dans un coton, avant de l’appliquer sans plus de cérémonie sur sa blessure. Le fait qu’elle ne se réveille même pas m’inquiète un peu, mais Tony m’informe que son pouls bat encore. D’accord. Ça va. Prenant un bandage propre, j’en entoure son ventre en serrant au maximum. Plissant des paupières pour mieux me concentrer, j’écarte son haut à l’endroits de ses blessures, apposant un peu de désinfectant sur chacune d’entre elles, et elles sont nombreuses. Son épaule était plus inquiétante que le reste de ses égratignures et coupures. Vu le bleu qu’elle se coltinait, elle avait dû être déboîtée, et remise de façon plutôt violente. Malheureusement, je n’avais ni attelle, ni de quoi en fabriquer une. Si je prenais un morceau de bois quelconque, il risquerait de l’infecter, ou de lui filer des maladies. Non, pour l’instant, il n’y avait rien à faire, à part la faire se reposer.

Faisant un signe à Tony, celui ci se chargea de la placer délicatement dans un de nos sacs de couchage, tandis que j’attachais mon couteau sur le canon de mon fusil pour le planter au sol, accrochant une petite poche de plasma avec un tube, insérant finalement le tube dans une des veines de l’humaine. Il fallait bien remplacer un peu du sang qu’elle avait perdue, et pour le moment, il n’y avait rien de mieux. Et il y avait de fortes chances pour que cela suffise, et qu’elle n’ait pas besoin de sang brut, ce qui aurait compliqué la chose…

Poussant un petit soupir las, et consolidant la base de mon fusil planté, afin d’éviter qu’il ne tombe, ainsi que retirant ses munitions —on n’est jamais trop prudents—, je me tournais vers Tony, qui m’affiche un petit sourire en coin. Fronçant les sourcils, je finis par me détourner, prétextant nettoyer mon pistolet. Un loup revint rôder en face de nous, mais il ne s’approcha pas plus que cela. Tony finit d’installer un petit camp provisoire, disposé autour de l’humaine survivante, allumant un petit feu.

Profitant malgré moi de la chaleur, j’enlevais ma cape de camouflage, et laissais tomber mes cheveux blonds sur ma nuque. Je me disais que l’humaine trouverait cela sûrement bizarre, que la blondeur de mes cheveux soit la seule couleur qui ne soit pas camouflée, tant chaque partie de ma peau qu’on pouvait voir était peinturlurée. Mais vu que la mission était un échec, la cible ayant été totalement éliminée, je n’en aurais plus besoin. Peut-être que je pourrais me laver demain. Avec de la chance. Et si l’humaine ne nous tuait pas tant qu’on avait le dos tourné, évidemment.
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Rachel Barclay
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Jeu 4 Sep - 10:50

Rachel rouvrit les yeux lentement. Le confort du lieu où elle s'était endormie lui fit oublier pendant un instant les douleurs qui se réveillèrent doucement. Il ne lui fallut qu'une poignée de secondes pour se rendre compte de l'état des lieux. Elle avait mal mais après un rapide coup d'oeil sous la couette elle remarqua la bandage très bien enroulé autour de sa taille. La militaire sentait une nouvelle fois la douce brise matinale lui indiquant qu'elle avait dormit toute la nuit, voir plusieurs en vu de son état. Elle grogna légèrement de douleur en sortant lentement de son sac de couchage, enfin debout elle pouvait observer le camp parfaitement monté qui était sous ses yeux. Rachel cligna des yeux plusieurs fois avant de se les frotter usant de son épaule encore valide, l'autre étant encore entrain de pendre vers le bas. Elle s'approcha de la femme blonde et camouflée lentement en boitillant. Elle pouvait enfin l'observer avec attention tout en se faisant une réflexion intérieure.

*Des tireurs d'élites camouflés et équipés comme il se doit. Humains, je dirais qu'ils sont de l'Alliance évidemment, bonne nouvelle... Mais où sont les renforts? Ils ne sont que deux. Ce sont soit des vétérans, chose qui m'étonnerait soit... Des déserteurs... Il faut que je me tire d'ici et vite, mais vu mon état je vais pas faire 200 mètres qu'ils vont me rattraper, j'ai mal et je suis encore faible.*

Il fallait qu'elle en soit sure et comme une vraie Barclay elle posa la question directement sans tact.

- Vous étiez de l'Alliance hein? Des déserteurs...

Le duo d'éclaireurs fut totalement déstabilisé et inquiet quant à la suite de ses propos. Rachel avait frappée en plein dans la fourmilière mais elle ne comptait pas aller au bout des choses, ils l'ont sauvés la vie et l'honneur était une chose cruciale dans sa famille.

- Je ne cherche pas à vous dénoncer. Et si vous croyez que votre camouflage allait m'empêcher de vous retrouver vous faites fausse route. Mais vous m'avez sauvé la vie et je vous suis reconnaissante, je compte bien laisser passer ça. Alors j'ai dormi combien de temps?

La femme blonde et camouflée lui répondit une journée. Rachel hocha la tête, cela serait facile de les retrouver, suffit simplement d'éplucher les dossiers des disparus en recherchant une blonde et son coéquipier grand et noir tous deux tireurs d'élite mais elle était fidèle à son engagement balayant cette idée de la tête.

- Vous vous demandez surement comment j'ai terminée ici et survécu, je vous propose qu'on se pose nos question tour à tour, comme ça cela sera équitable non? Alors cela fait combien de temps que vous avez fuit l'Alliance?

Rachel n'était pas en position de force même si elle lui avait forcée la main cette fois c'était à son interlocutrice d'accepter cette règle ou d'en imposer une nouvelle. Dans l'armée c'était simple, le plus haut gradé gagnait le round sauf que là il s'agissait de déserteurs et ils sont en général friands face à cette logique.
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Laurine Sheeran
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Jeu 4 Sep - 15:49


Le reste de la journée passa rapidement, entre la garde du camp et la récupération d’un peu de bois aux alentours. Mais pas un seul instant l’humaine resta sans surveillance. Le soir venu, Tony vint s’asseoir à côté de moi, en me tendant un sachet alimentaire, contenant de la viande reconstituée, et différentes doses de protéines pour assurer un repas sain et équilibré. En contrepartie, ça n’avait aucun goût dans le meilleur des cas, et c’était complètement infect dans les autres. Pendant que je commençais à mâcher sans enthousiasme mon repas, Tony partit récupérer mon fusil, maintenant que l’intraveineuse avait fait son office. Puis il revint à mes côtés, piquant les aliments qu’il savait que je détestais. Je lui tire une tronche faussement boudeuse, avant de chuchoter :


« Elle va s’en tirer. Il acquiesça, sans rien ajouter. Et elle saura qu’on ne fait pas partie de l’Alliance. Devant sa mine interrogatrice, je poursuis :On n’a ni insigne, ni uniforme spécial, ni renfort. Et il est évident que les Forces Spéciales n’ont rien à faire sur cette planète. Il y a une chance pour qu’elle croit qu’on y soit toujours… Mais c’est mince. Ou plus simplement, elle pourrait nous prendre pour des mercenaires. C’est possible… »

« Et alors ? Qu’est-ce que tu veux qu’on y fasse ? »

« Elle devrait se réveiller sous peu. On pourra la laisser. Elle saura se débrouiller, je suggère, un peu en l’air. Je sais que ça n’est pas vraiment envisageable. »


Tony secoue sa tête, et reste silencieux. Je regarde mon fusil, détachant le couteau pour le ranger dans son fourreau à ma cheville, puis, j’attends. J’attends quelque chose, je ne sais pas. Une idée. Si elle comprend qui nous sommes, alors, de deux choses l’une. Ou elle accepte de ne pas nous dénoncer, parce qu’on lui a sauvé la vie, ou elle nous menace de le faire. Dans le dernier cas… Je veux me convaincre que je n’hésiterais pas à l’abattre, elle sera trop faible pour faire face à nous deux combinés, mais en même temps… Je ne l’aurais pas sauvé pour la tuer juste après. Merde. Si on était affichés comme déserteurs… Alors ça risquait de très mal se passer. Nous serions recherchés activement, ce qui signifie que l’espace concillien était définitivement hors de notre champs. La Citadelle, foutu. Ilium, risqué. Ça voudrait dire être des parias. Enfin, encore davantage par rapport à notre situation actuelle. Le pire, c’est que j’avais du mal à me reprocher de l’avoir sauvée. Personne ne méritait une mort comme celle à laquelle elle avait échappée. Seule, dévorée par des loups… Non. J’avais bien fait. Et quitte à ce qu’on soit des déserteurs reconnus, sauver une membre de l’Alliance devait bien jouer quelque part en notre faveur, non ?

La nuit passa sans incident notable. Au matin, Tony me fit signe que l’humaine commençait à remuer, signe qu’elle allait bientôt se réveiller, et il me rejoignit. Je savais que j’aurais dû faire quelque chose peut-être, vérifier si elle n’était pas en état de choc. Mais j’étais déjà effrayée de ce qu’elle pourrait conclure quant à nous. Ses premières paroles furent donc sans équivoque, et je sentis mon coeur tomber dans ma poitrine. Elle avait deviné juste, du premier coup. Tony me lança un regard, mais je ne répondis rien. J’aurais pu essayer de mentir, prétextant que nous étions des mercenaires, mais ça ne servait plus à rien. Je me contente donc juste de hausser les épaules à sa remarque sur notre camouflage, répondant distraitement.


« Le camouflage n’était pas pour vous, mais pour rester invisibles ici. »


A vrai dire, j’étais davantage concentrée sur ce qu’elle disait. Si elle ne mentait pas… Alors peut-être que Tony et moi avions une chance. Une chance de nous en sortir. Elle pouvait très bien avoir compris que le mieux à faire était de caresser dans le sens du poil, et une fois qu’elle serait à l’abris dans les lignes de l’Alliance, balancer nos noms, mais en attendant, j’avais trop envie de lui faire confiance. Haussant les épaules, je regarde Tony, voir s’il souhaite répondre, mais apparemment, il me laisse le soin de répondre à la militaire.


« Depuis la fin de la Guerre contre les Moissonneurs. Donc, trois ans, en gros. Vous feriez mieux de vous asseoir, vous n’êtes pas encore assez forte, dis-je, désignant sa blessure au ventre. »


Puis, comme pour lui montrer l’exemple, je m’assis au sol, fusil sur les genoux. Tony sortit une ration alimentaire et la lui tendit, avant de s’asseoir à son tour. Respirant calmement, je repris la parole.


« Vous vous sentez comment ? Et ça n’est pas ma question. Ma question, c’est de savoir si ce Butarien était avec vous dans le Rampant, dis-je, alors que Tony sortait l’image en question qu’on nous avait fourni. »


Si on me demandait, honnêtement, j’aurais dit qu’ils se ressemblaient tous, ces types. Franchement. Mais bon, celui-là devait avoir une gueule particulière, avec de la chance. Maintenant, on allait peut-être avoir la confirmation que notre mission avait échoué. Ça ne faisait rien. On n’y pouvait rien. Et je supposais que notre employeur ne serait pas non plus forcément mécontent d’apprendre la mort de ce Butarien.
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Rachel Barclay
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Jeu 4 Sep - 20:08

Rachel prit le temps de s'asseoir face aux deux personnes perplexes. Elle souhaitait rester debout, mais son mal de crâne était toujours présent l'obligeant à le faire. Elle prit le temps d'écouter chaque parole de son interlocutrice, son collègue étant parfaitement silencieux signifiait qu'il n'était qu'un assistant. Ils étaient encore méfiants, non conscients de la certitude quant à son envie de ne pas les dénoncer. Elle se montrait encore trop arrogante et son empathie était sa seule arme afin de les calmer.

La militaire hésita légèrement avant de regarder le feu face à elle tout en répondant.


- A vrai dire je ne passais que de simples vacances. Je m'étais rapprochée d'une société lowcost du nom "Dekaerak Transporter". J'ai surpris ces deux têtes de nœuds magouiller derrière mon dos. Ils voulaient me tuer pour prendre mes affaires personnelles. J'ai eu le temps de les tuer mais le véhicule s'est craché dans le vide puis j'ai tentée de survivre pendant 2 jours malgré mes blessures. Je vous passe les détails avant que je vous me trouviez.

« Je vois. Très bien. Merci...? »

- Rachel Barclay.

Son interlocutrice hésita sur sa réponse d'un air méfiant, elle prit le temps de regarder son camarade avant de donner leurs nom.

« Laurine Sheeran. Et Antony Mijalski. »

Quant à elle, Rachel hocha la tête avant de dessiner un sourire sur son visage. Antony était aussi le nom de son père. Le fait qu'ils étaient des déserteurs n'était plus un problème, c'était de bonnes personnes qui ne cherchaient qu'à rester en vie. Il fallait qu'elle en sache plus sur les raisons de leur départ afin de mieux les cerner.

- Alors vous comptez rester longtemps ici?

Laurine haussa les épaules « Pas vraiment... Juste le temps qu'on se fasse récupérer. »

Rachel relança son regard en direction du feu avant de poser une question plus directe.

-Je peux savoir pourquoi vous avez quittés l'Alliance? Salaire trop bas? Leur politique?

Laurine échangea un nouveau regard avec son collègue, avant de poser son arme au sol, croisant les bras sur sa poitrine.

« Le salaire ? La politique ? C'est des choses qu'on accepte. Non. J'ai quitté l'Alliance à cause des ordres. Des ordres idiots et inacceptables. »

La lieutenante ne put s'empêcher de ricaner avant de tousser et de reprendre.

- Vous avez du tomber sur un sacré connard pour en arriver là. Pourquoi ne pas avoir demandé un nouvelle affectation?

« Parce que ça n'aurait rien changé. Merde ! Tu t'es jamais dit que quelque chose tournait pas rond ? Voir les Moissonneurs toujours actifs, ça ne te fait rien ? »

La brune répondit d'un air dégoûtée sur un ton froid et monocorde.

- Les moissonneurs ont détruit ma maison, mes amis et ont failli tuer mon père. J'ai souhaitée par dessus tout les voir crever. Donc rassure-toi que moi aussi je me serais bien cassée.

« Pourquoi tu ne l'as pas fait, alors ? »

Rachel Barclay sourit à nouveau jouant du yoyo avec son humeur. Elle tentait de répondre avec une certaine tactique, mais elle n'était pas faite pour parler ce qui explique pourquoi elle était si instable dans une discussion.

- Je le savais que tu allais me dire ça. Cela fait plus de 3 siècles que ma famille est dans l'armée. J'ai servie sous les ordres de mon père à servit sous les ordres de mes grands-parents et ainsi de suite. L'armée est en moi et tu peux me croire je risque pas de partir de si tôt. Je suis lieutenante à seulement 25 ans pour te dire.

Laurine haussa une nouvelle fois les épaules avant de répondre d'une neutralité exemplaire.

« Peut-être. Mais moi je ne suis pas prête de servir sous des ordres qui m'obligent à tirer sur des civils. »

- Pourquoi ne pas avoir reportée ce connard à l'état-major?

« Ce connard ? Mais il y en a plein ! Je sais pas si tu te rends compte que tout ce que je me suis entraînée à faire, c'est de la reconnaissance, pour éviter qu'on balance 200 kilos de bombes sur la tête d'innocents, mais ça ne changeait rien. Et pas qu'une fois ! Plusieurs fois, on reportait un village où on croyait qu'il y avait des ennemis, et quand on en trouvait pas, on le rapportait au commandement. Ça ne les empêchait pas de tout raser 10 minutes plus tard... »

Rachel voulait aider mais au lieu de ça elle ne faisait qu'empirer les choses, ouvrir une plaie fermée n'apportait que de mauvaises choses.

- Je peux toujours accéder à tes anciens rapports et faire ouvrir une enquête. J'ai des amis un peu partout tu sais, je ne cherche pas à vous attirer à nouveau dans les rangs, un soldat non déterminé est un soldat mort. Ce que je veux c'est rendre justice.

« Je doute que tu arrives à quoi que ce soit, à part peut-être à briser ta carrière. Mais je ne suis pas un cas isolé. Je ne sais pas où tu t'es battue, mais tu as de la chance de ne jamais avoir à commettre des meurtres, des crimes pour lesquelles tu passerais le restant de tes jours en prison dans la vie civile. »

Rachel était toujours dans une impasse, ses hormones prirent le dessus sur sa conscience. Elle prit une profonde inspiration avant de s'emporter.

- Votre vie s'est arrêtée depuis que vous avez quittée l'armée. Vous ne vous êtes même pas battue contre ces horreurs. Écoutez je vous suis reconnaissante mais si c'est pour qu'on se saute au cou autant laisser tomber. Vous voulez tourner définitivement le dos à l'Alliance, déposez-moi au premier village.

Nouvelle erreur de sa part, Laurine haussa une nouvelle fois le ton. Le stress atteignait son paroxysme, à la limite du point de non retour, la militaire ne se rendit pas compte de la situation.

« C'est ça, continuez à obéir à vos ordres. Pour vous, être soldat, c'est obéir ? Flinguer des gosses, des femmes, c'est normal ? Je suppose que vous en êtes jamais arrivée là. Noon. Vous, c'est l'honneur, la gloire sur le champs de bataille ? Alors c'est parfait. Parfait. J'suis pas une lâche. Je me suis pas dégonflée. Je me suis battue. Et j'ai perdue la bataille, parce que l'Alliance attend de moi que j'oublie tous les cadavres que j'ai sur la conscience. »

Rachel craqua, elle se leva subitement avant de laisser échapper une aura bleue en même temps que ses mots. Elle avait récupérée mais avait un mal incroyable à tenir sa barrière qui commençait à disparaître lentement.

- C'est en partie de votre faute, si vous et votre pilier silencieux qui vous sert d'ami auriez ouvert votre bouche, vous en serez pas là à fuir l'Alliance comme des rats!

Les deux l'imitèrent et se lèvent aussitôt en la mettant en joue. Cette fois-ci ils avaient carrément été tous trop loin.

« Ouais c'est ça, c'est de notre faute de pas questionner des ordres. Ça aurait rien changé, je t'ai dit. Le commandement fait des erreurs, mais c'est nous qui en voyons les conséquences. Alors tu sais quoi, on va te laisser partir de ton côté, continuer à obéir comme un bon toutou. Tu te crois supérieure parce que tu t'es jamais questionnée ? Parce que t'as jamais remis en cause les ordres, que tu t'es battue au corps à corps ? Félicitations, bravo vraiment. J'espère qu'ils t'ont filé une médaille pour ça. Et j'préfère être un rat qu'une putain d'esclave. »

C'est à ce moment là que le cerveau de Rachel reprit le dessus. Sa barrière était bien générée mais encore trop faiblarde pour être réellement efficace, ses nombreuses blessures étaient encore fraîches et elle n'était absolument pas équipée pour. Elle devait se calmer, chose qui pour soyons honnête nécessitait plus d'efforts que ce qu'elle avait accomplit ces 3 derniers jours. Elle se rassit en retenant son bras invalide de son autre main avant de poursuivre sur un ton calme dans le but d'éviter d'envenimer d'avantage la situation. Elle ne s'était jamais posée cette question. Depuis sa tendre enfance son avenir était tracé. De sa naissance contrôlée en passant par l'académie Grissom puis enfin l'armée. Tout avait été orchestré par l'Alliance les paroles de Laurine avaient frappés en plein cœur. Rachel répondit d'une voix calme et posée.

- C'est drôle que tu dis ça. Tu sais le truc sur le questionnement concernant les ordres. Mon père m'avait ordonnée de le laisser m'accompagner en observateur pendant une de nos patrouilles. Je m'étais presque battue avec pour te dire, je n'aime pas être suivie de près. Mais dix minutes plus tard...

Rachel butta sur cette phrase, restant bloquée tel un mécha inactif. Elle laissa le silence reprendre le dessus.

Laurine fit signe à son compagnie de baisser son arme, avant de laisser tomber la sienne au sol. Le seul homme prit la parole.

« Quoi qu'il se soit passé, t'as pas à t'en vouloir. On a tous fait notre boulot. Ce qu'on était censé faire. Mais Laurine et moi, on est arrivé au bout de ce qu'on pouvait accepter. Alors on est partis. »

« Si je me suis engagée, c'était pour taper sur ceux qui tiraient sur des innocents. Quand je me suis rendue compte que, par mon obéissance aveugle, j'étais tout autant responsable, j'ai.. J'ai pas pu. J'ai toujours cru que les supérieurs avaient de bonnes raisons, un plan magistral. Que même tuer des civils était justifié, quelque part. Mais finalement, c'était juste des erreurs. Des écarts qui auraient pu être évités. Alors je ne veux plus obéir aveuglément. Le monde n'est finalement pas noir et blanc. L'Alliance n'est pas garante de l'ordre et du bien. Tout ça... C'est juste un bordel flou et pas très propre. »

Rachel Barclay releva sa tête en direction de Laurine.

- Depuis ma naissance mon avenir est tracé. Analyses médicaux en masse, académie Grissom et maintenant ça. J'ai servi sous les ordres de mon père jusqu'à sa mort. Si tu le voyais. On le surnommait Krogan Humain pour te dire. Il avait une gueule aussi grande qu'un cuirassé, toujours à se battre avec ses supérieurs en les montrant que sa stratégie était la meilleure...

Elle secoua la tête avant de changer de sujet.

- Alors on fait quoi? Vous comptez terminer votre mission ou on va pleurer sur nos histoires?

Laurine haussa une nouvelle fois ses épaules, à croire que c'était un tic pour elle.

« Les stratégies, ça a toujours été une bonne blague pour l'homme au sol. Notre mission est terminée depuis la mort des Butariens dans le Rampant. On a encore un peu de temps avant de se faire récupérer, largement de quoi t'escorter jusqu'à la ville, que tu puisses rejoindre les tiens. »

Rachel Barclay toussa légèrement à nouveau.

- Mon père disait "Il y a deux stratégies : la bonne et celle de l'armée." Toute race en a une, même les plus primitives, mais bon je vais éviter de lancer un débat sur ce genre de truc.

La situation était redevenue calme et les trois humains patientèrent face au feu qui crépitait sans arrêt.
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Laurine Sheeran
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MessageSujet: Re: Des vacances qui promettent...   Ven 5 Sep - 21:44

La situation avait failli dégénérer, mais fort heureusement pour nous tous, nous avions réussis à nous en sortir en un seul morceau. A un moment, elle avait été près de nous faire tous tuer, mais… Il faut croire que nos arguments n’étaient pas si mauvais. Ça n’était pas un coup de tête, ni quelque chose lié à l’argent. Non, c’était… Plus profond. L’Alliance m’avait brisée, intérieurement. Je n’avais pas su tenir le choc. Je n’avais pas su… Alors on était partis. L’Armée avait été toute ma vie, mais il fallait que je passe à autre chose. Je ne pouvais pas rester, et refaire les mêmes erreurs, encore et encore. Je savais ce qui se serait passé si j’avais pris sur moi, et continué. Mon nom aurait à peine eu le droit à une rubrique, casée entre deux flash informations. Une officier qui se suicide, rien de bien folichon. Rien qui soit très vendeur. Mon père n’aurait pas compris. Et je ne tenais pas spécialement à finir ainsi. Je voulais vivre. Vivre, et suivre mes propres ordres. Taper sur les méchants, tant que je le pouvais, en laissant les innocents survivre. C’était tout ce qu’il me fallait.

Je ne repris pas le débat sur les stratégies. Je n’y connaissais rien en stratégie militaire. Rien du tout. A part que des types supposés intelligents manipulaient des unités, des chiffres, des divisions, sans considération. Comme un grand jeu d’échec dont on était les pions. Des pions… Je n’aimais pas cette expression. Pas du tout. Tony apporta le repas à Rachel, et nous mangeâmes en silence. Il n’y avait plus grand-chose à dire. Toutefois, j’étais à la fois rassurée et pas mécontente que tout ait finit par s’arranger. Si on en était venu aux mains… Sans compter le fait de tuer une humaine qu’on venait de sauver, ça m’aurait convaincue que notre désertion n’était pas juste. N’était pas justifiable. Là, avec elle… L’espoir renaissait. Je n’avais pas envie qu’on apprenne notre désertion, non, mais si jamais nous avions fuit à cause de la paie, par exemple, nos cas auraient été incompréhensibles, et sûrement que nous aurions été pourchassés sans fin. Là… Bon, non, nous serions tout aussi probablement pourchassés, mais au moins, j’avais la conscience tranquille.

Après le repas, j’informais Rachel de notre capacité à l’emmener au spatioport de la ville, afin qu’elle puisse repartir, et lui demandais si elle souhaitait récupérer des choses, ou se laver dans le lac proche. Une fois qu’elle m’eut donné ses réponses, j’en profitais pour éliminer les traces de peintures de mon visage, retrouvant la couleur naturelle de ma peau avec un soulagement non feint. Nous ramassâmes nos affaires, tandis qu’il fallait se préparer pour la remontée de la falaise. Nos cordes étaient toujours accrochées, mais les remonter ainsi serait dur, surtout avec nos sacs. Sans compter Rachel qui, mine de rien, devait toujours être plutôt faible. Ce fut donc une partie d’escalade que de grimper, moi devant, Rachel juste après moi, et Tony derrière elle pour l’assurer au cas où. Plusieurs frayeurs plus tard, nous atteignons le sommet, et j’aidais Rachel à se hisser. Désormais… Il n’y avait plus qu’une longue marche à faire jusqu’à la ville. Longue, et certainement fatigante. Après une courte pause, je pris les devants, Tony surveillant ses secteurs, et notre petit groupe marchât à bonne allure pendant plusieurs heures, avant que la nuit ne tombe.

Notre bivouac s’installa près de grands arbres, et nous montèrent la garde à tour de rôle. J’avais confiance en Rachel. Suffisamment pour bien dormir, quoique sur une oreille, comme d’habitude. On n’était jamais trop prudent, et si je ne craignais pas qu’elle prenne la fuite, ou qu’elle nous trahisse, on pouvait toujours imaginer qu’une créature ou qu’un être essaie de nous prendre par surprise. La nuit passa cependant sans grand danger, ce fut le matin au contraire où un loup vint nous chercher d’un peu trop près. Après quelques tirs de semonces, il finit par reculer, non sans donner l’impression qu’il cherchait à nous attaquer avec sa meute. Le chemin reprit, plus prudemment, et constamment suivis par ces loups, ce qui n’était guère rassurant. Ils nous lâchèrent peu avant que l’on n’aperçoive la ville, et ce fut aussi vers ce moment là qu’on laissa Rachel poursuivre seule.

Les adieux, ça avait jamais été mon truc. Tony prit les devants, en lui disant de faire attention à elle. Je fis ça simple, aussi simple que je pouvais : je lui tendis une main pour serrer la sienne, plantant mon regard dans le sien en lui souhaitant bon courage.


« Bon vent, et bonne mer, Marines, lâchais-je, dans la plus pure tradition des Marines de l’Alliance, et ceux des Etats Unis avant eux. »


Hochant la tête, j’attendis qu’elle se retourne pour aller vers la ville pour m’en retourner à mon tour. Notre vaisseau n’arriverait que dans quelques temps encore, nous avions le temps pour y aller. Tony me regarda avec un sourire, et je fronçais —d’instinct— les sourcils. Oui, cette rencontre avait été intéressante. Non, je ne voulais pas qu’on en parle. Pas maintenant. Pas encore. Comme je l’avais dit, nous avions le temps. Largement assez pour réfléchir. Largement assez pour décider quoi faire de nos vies, d’abandonner celle de parias pour devenir… Quelque chose de plus. Quelque chose que cette Rachel m’avait inspiré de nouveau. D’avoir un but. Oui, c’était un bon objectif en soi.

Posant mon fusil contre mon épaule, je m’engouffrais dans la forêt, respirant profondément.


« L’air est pur, ici, dis-je. »


Tony acquiesça. Je lui décochais un sourire, et poursuivis notre marche.


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